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Amália Rodrigues : 20 ans que le Portugal pleure la diva du fado

Amália Rodrigues sur le balcon de l'Hotel Palaca à Copacabana ©Antonio Nerry, Agência o Globo.

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Amália Rodrigues : 20 ans que le Portugal pleure la diva du fado

Surnommée la Rainha do Fado (Reine du Fado), Amalia Rodrigues, emblématique chanteuse portugaise, s’est éteinte il y a 20 ans déjà. L’occasion de revenir sur ses soixante-dix ans de carrière qui lui ont valu le titre d’ambassadrice culturelle du Portugal.

Repérée lors des fêtes populaires d’Alacantara, près de Lisbonne, Amália Rodrigues commence dès 1939 à interpréter des textes des plus grands compositeurs dans les maisons de fado de Lisbonne. Grâce à cela, elle est reconnue comme une fadista professionnelle et passe immédiatement en tête d’affiche. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa carrière se développe considérablement et Amália est très vite propulsée parmi les grands du fado. Son succès lui ouvre également les portes au théâtre. En 1940 elle obtient son premier rôle dans Ora Vai Tu ….

Entre 1950 et 1965, Amália Rodrigues est à l’apogée de sa carrière. Elle enregistre ses titres les plus emblématiques comme Uma casa portuguesa en 1953, Nem as paredes confesso en 1956 et Povo que lavas no Rio en 1963. La chanteuse commence également à se produire en dehors des frontières portugaises.

Povo que lava no rio – Amália Rodrigues

Une carrière nationale et internationale

Au cours de ses soixante-dix ans de carrière, Amália Rodrigues a tourné une douzaine de films et enregristré environ 170 disques édités dans une trentaine de pays.

On l’entend pour la première fois en 1952, à New York où elle se produit pendant quatre mois, puis au Mexique, en 1953 et à Hollywood en 1954. Elle se rend une deuxième fois au Mexique en 1955, pour le film Musica de Siempre avec notamment l’autre grande vedette de l’époque, Edith Piaf. Enfin, en 1956, pour la première fois, elle se rend à l’Olympia à la veille de la vague d’immigration portugaise, ce qui lui vaudra, en moins de trois ans, une grande popularité en France. C’est d’ailleurs en France qu’elle se réfugiera pour continuer sa carrière à la suite de la Révolutions des Oeillets.

Amália Rodrigues et le régime salazariste

En effet, le statut d’icône de la chanteuse se retrouve entaché lors de la Révolution des Oeillets qui met fin à la dictature, le 25 avril 1974. En effet, la chanteuse se voit reprochée d’avoir participé au régime de Salazar, en faisant la propagande de la politique du Triple F (fado, Fatima et football). Elle quitte alors la scène portugaise jusqu’en 1980 puis revient avec un album de 10 fados intitulé Gostava de ser quem era.

Pour cet album et le restant de sa carrière, elle est décorée en France par l’ordres des Arts et des Lettres, en 1985. Puis, elle est à nouveau décorée par le Président de la République Portugais Mario Soares, en 1990.

Une artiste immortelle

Le 6 octobre 1999, le décès de l’artiste plonge le Portugal tout entier dans une grande tristesse. Des centaines de miliers de Portugais assisent aux funérailles de la chanteuse et un deuil de trois jours est décrété par le gouvernement de l’époque. Quelques mois plus tard, en guise d’ultime reconnaissance, sa dépouille est transférée au Panthéon National de Lisbonne. Elle est la première femme à y entrer.

Portrait de Amália Rodrigues par Vhils à Alfama, Lisbonne © Marta Serra

En 2015, un portrait en mosaïque d’Amália Rodrigues a été sculpté sur un trottoir du quartier populaire d’Alfama. L’oeuvre réalisé par l’artiste urbain Vhils apparait pour celui-ci “comme une vague”; l’oeuvre s’élevant du sol au mur. Ainsi, lorsqu’il pleut sur Lisbonne, “le visage fait pleurer les pierres”. Une métaphore qui traduit l’éternelle saudade que les fados de la chanteuse continuent de nourir dans le coeur de tous les portugais.

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