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Focus : la sélection à l’université, où en est-on ?

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Focus : la sélection à l’université, où en est-on ?

Par principe, tout titulaire du baccalauréat y a accès. C’est en tout cas le principe général et communément admis en France. Pourtant, hors des principes théoriques, les facultés françaises recouvrent de nos jours une toute autre réalité, une réalité plus pragmatique qui fait néanmoins l’impasse sur le principe de libre admission. Votre rubrique « Focus » vous propose de faire le point sur cette zone d’ombre ; « focus » d’abord sur les raisons qui motivent de nouvelles formes d’admission à l’université, « focus » ensuite sur le cadre actuel qui régit l’admission à l’université et la sélection en Master.

L’entrée à l’université

Si l’admission à l’université revêt aujourd’hui une toute autre réalité, c’est qu’elle est nécessairement confrontée à un tout autre contexte. A l’évidence, les facultés françaises se doivent d’accueillir 40 000 étudiants supplémentaires chaque année depuis 3 ans, une tendance qui semble devoir se poursuivre jusqu’en 2022. Le problème majeur est donc celui d’une explosion démographique chez les jeunes en capacité de poursuivre leurs études sur les bancs de l’université ; submergées par le nombre de candidatures, les administrations universitaires ont eu à chercher des solutions pouvant conditionner l’admission de futurs étudiants. Deux moyens sont aujourd’hui à l’œuvre ; d’une part la sélection dite « illégale » et très importante recensée par l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) qui consiste généralement à sélectionner sur dossier, entretiens, ou autres prérequis nécessaires qui opèrent une sélection directe dès l’admission. D’autre part, et très récemment, par tirage au sort. Le système d’admission post bac (APB) a, cet été, laissé au hasard l’admission des étudiants dans plusieurs facultés françaises, non sans soulever quelques indignations ; près de 90 000 « futurs étudiants » retrouvés sans admission pour la rentrée 2017…

Fort heureusement, ces questions sont tombées sur la table du gouvernement cet été, et ouvrent ainsi la discussion sur une solution alternative et moins drastique permettant de gérer ces « flux ». La piste la plus évoquée actuellement est celle du « contrat de réussite étudiante » ; ce contrat consisterait à fixer en amont les prérequis nécessaires à l’admission dans la faculté souhaitée, et pourrait de ce fait permettre à nos futurs étudiants une certaine anticipation dans leurs choix, si ce n’est une meilleure lisibilité sur le système d’admission.

Ne serait-ce pas l’occasion de s’interroger sur divers autres problèmes de fond, comme celui de l’information relative aux études supérieures dans les lycées, ou encore du manque de moyens dans la gestion des universités françaises ?

La sélection en Master

La rentrée 2017 semble être l’année « crash test » pour la sélection en Master ; le gouvernement s’apprête à établir le cadre légal qui encadrera cette sélection, jusqu’ici généralement pratiquée à l’entrée des Masters 2 mais de manière informelle.

L’idée, sinon simple, est très claire. La mise en place de cette sélection se doit de trouver un point d’équilibre entre deux principes fixés par l’ex ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem ; permettre à l’université de « recruter » conformément à ses attentes tout en garantissant un droit à la poursuite d’études pour les étudiants titulaires d’une licence. C’est donc cet équilibre qui s’imposera au texte final, et qui semble satisfaire les représentants de l’UNEF aux négociations avec le ministère de l’éducation, lesquels soulignent une « démocratisation de l’enseignement supérieur ». L’accord final sera ou non conclu après une rencontre, le 4 Octobre, des présidents d’universités, syndicats des personnels et organisations étudiantes avec le ministère de l’éducation nationale.

Ainsi, la sélection s’effectuera à l’entrée des Masters 1 ; ce texte pourra mettre fin à une situation juridique ingérable, dans laquelle des étudiants recalés illégalement en Master 2 multipliaient les recours et obtenaient condamnations des universités. Car s’il n’y pas ici un problème global de capacité d’accueil en Masters 2, certaines de ses formations très demandées ne peuvent être accessibles à tous les candidats.

En revanche, dans certaines disciplines il sera laissé aux l’universités la possibilité de sélectionner à l’entrée des Master 2 (le système actuel) du fait de l’exigence de certains concours recrutant à Bac +4. Les matières comme le droit, la psychologie ou autres mentions de gestion sont concernées par cette exception.

Quelle solution si vous êtes refusés à l’entrée de votre Master ?

Vous bénéficiez d’un « droit à la poursuite d’études », farouchement défendu par les syndicats étudiants, assuré par le recteur de votre université. Celui-ci devra en effet vous présenter 3 solutions alternatives, dont une dans son établissement. Cette mesure, sous condition qu’elle fasse l’objet d’une application, permettra de réduire les contentieux étudiants, notamment concernant ceux n’ayant pas eu le temps de se construire une voie alternative avant le refus.

ET SI….

Et si les génies des temps d’aujourd’hui n’étaient pas acceptés à l’université ?

D’accord, l’hypothèse se veut être rare mais elle aurait pu voir le jour cet été. Voyez notre future Victor Hugo, génie littéraire, écarté de la faculté par le tirage au sort APB….

Alicia Deharo et Etienne Garnier

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