Connecte-toi avec nous

L'Essaim

Jasenovac, l’Auschwitz des Balkans

International

Jasenovac, l’Auschwitz des Balkans

Peu connu, le camp de la mort Jasenovac n’a pourtant rien à envier au célèbre camp de la mort d’Auschwitz. Ce camp situé en Croatie, avait la particularité d’être non détenu par des nazis et faisait preuve d’une mise à mort particulièrement barbare. En Février 2019, l’institut SHE OLAM situé en Israël, révèle une étude à ce sujet : “Jasenovac, l’Auschwitz des Balkans” dans laquelle il est estimé 800 000 victimes serbes et 40 000 victimes juives.

Lorsqu’il est question des camps de la mort et de la solution finale durant la seconde guerre mondiale, l’Allemagne est le premier pays qui fait échos. Pourtant, d’autres pays ont contribué à l’extermination des juifs et des Tziganes. Parmi eux, la Croatie qui fut composée de 80 camps. Moins connus qu’Auschwitz ou Treblinka, ces camps font tout autant preuve de barbarie.

Le camp de Jasenovac fut créé sous le contrôle Oustachi, un mouvement séparatiste croate, antisémite, fasciste et anti-yougoslave, crée par Ante Pavelic. Avant sa création, des exterminations de juifs étaient déjà organisées par l’armée allemande dans les territoires occupés de l’Union Soviétique pendant l’été et l’automne 1941. Cependant, elles n’avaient pas encore eu lieu dans des camps. Jasenovac, était donc le premier espace clos dont le but est l’extermination. Il est aussi le seul camp d’extermination qui n’a jamais été géré par les Nazis allemands.

Dirigé par le général Vjekoslav Luburić, le camp Jasenovac était le plus grand de Croatie, avec cinq sites de détention créés entre août 1941, et février 1942 par les autorités croates. Dès le début, fin août 1941, les autorités croates créèrent les deux premiers sites du complexe de Jasenovac : Krapje et Brocica, à 100 kilomètres au Sud de Zagreb. Ces deux camps furent cependant fermés quatre mois plus tard. Les trois autres camps du complexe étaient Ciglana, créé en novembre 1941 et démantelé en avril 1945. Puis, Kozara créé en février 1942, aussi démantelé en avril 1945. Le dernier, Stara Gradiska, qui avait été un centre indépendant de détention pour prisonniers politiques depuis l’été 1941, fut transformé en camp de concentration pour femmes pendant l’hiver 1942.  

Toutes les victimes n’étaient pas juives, il y avait également des serbes chrétiens et orthodoxes, des Tziganes, mais aussi des résistants aux nazis et aux Oustachis. Les Oustachis étaient un mouvement séparatiste croate, antisémite, fasciste et anti-yougoslave. Ils avaient également pour but, de convertir au catholicisme les serbes, et ceux qui restaient chrétiens orthodoxes étaient exterminés avec les juifs et les Tziganes, comme tous ceux qui s’opposaient à eux, notamment les parti-sans résistants croates pro-yougoslaves. Mile Budak, un homme politique et écrivain croate, connu pour être l’un des principaux idéologues du mouvement fasciste croate Ustaša, affirma lors d’un discours qu’un tiers des Serbes devait être convertis, un tiers exterminé et un tiers chassé de l’État indépendant croate.

La particularité de ce camp est qu’il ne possédait pas de chambre à gaz ; les prisonniers y étaient tués par épuisement au travail en les affamant mais également avec des armes à feu et des armes blanches. Gideon Greif, historien spécialisé dans l’histoire de l’Holocauste et professeur à l’université du Texas à Austin, déclare en octobre 2017, lors d’une conférence dans le centre de recherche sur l’Holocauste à Tel Aviv : « Le camp de Jasenovac était le camp de concentration le plus monstrueux de la Deuxième Guerre mondiale bien pire qu’Auschwitz ou les autres camps, et cela en raison du fait que le camp n’était pas tenu par des Allemands, mais par des Croates. » Il accuse également le gouvernement croate actuel de continuer à cacher des informations et à faire du révisionnisme, il déclare que : « Jasenovac n’est pas seulement une suite de meurtre, mais le pire lieu de sadisme, de torture et en particulier pour les femmes et les enfants »

A ce jour, à cause des différences de point de vue et du manque de sources, les estimations du nombre de victimes serbes en Croatie varient largement, de 25 000 à plus d’un million. Les estimations de Serbes tués à Jasenovac, varient de 25 000 à 700 000. Les sources les plus fiables estiment le nombre de Serbes tués par les Oustachis entre 330 000 et 390 000, dont 45 000 à 52 000 Serbes assassinés à Jasenovac.

Continuer la lecture

Plus sur International

Tendances

Haut de la page
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial