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La chasse à la baleine au Japon : une réalité inquiétante pour la biodiversité marine

Environnement

La chasse à la baleine au Japon : une réalité inquiétante pour la biodiversité marine

Dans un monde où de plus en plus d’associations luttent contre la maltraitance animale et prônent une éthique de l’environnement. Certains peuples aujourd’hui en particulier les Japonais, refusent malheureusement d’adopter un point de vue différent concernant la préservation des cétacés, et particulièrement la baleine dont l’effectif ne cesse de diminuer…
Zoom sur une pratique qualifiée comme immorale et interdite qui paradoxalement représente un aspect culturel important au Japon.

Depuis les années 2000, la baleine grise des côtes coréennes est en voie d’extinction puisqu’il ne reste en tout que 100 baleines vivantes dont une vingtaine de femelles matures seulement. Un nombre bien trop faible pour permettre à l’espèce de se perpétuer. Souvent victimes de collision avec des navires ou intoxiquées par la pollution, c’est en grande partie la chasse qui demeure la plus grande menace de ces mammifères.

D’un point de vue historique, la chasse à la baleine connaît un essor considérable au XIXe siècle avec l’apparition de l’industrie qui permet de chasser en grande quantité. Les baleines deviennent alors un enjeu de taille dans la guerre russo-japonaise puisqu’elles représentent des ressources importantes d’un point de vue économique, l’huile de baleine par exemple, servait pour la fabrication de savon, de lampes, de lubrifiants ou encore de peinture. Parallèlement, lors de la Seconde Guerre mondiale, où il était difficile de se procurer du bœuf à cause des pénuries, la viande de baleine représentait un bon substituant et a donc continué à se commercialiser sur les étalages de marché.

Depuis des années, la chasse a donc provoqué la raréfaction de la ressource avec en moyenne 50 000 baleines capturées dans les années 1930. C’est pour cette raison qu’en 1946, la Commission Baleinière Internationale est crée afin de veiller à la “conservation judicieuse des stocks de baleines” ( iwc.int) . Néanmoins, cette mission de conservation fait face à une crise due au manque de rigidité de ce texte fondateur qui permet entre autres à ses membres de contourner les décisions prises, et en particulier celle de 1986 concernant l’interdiction de la chasse. Aussi, les pays membre profitent d’une faille autorisant la chasse à des fins exclusivement scientifiques pour se rendre en mer et abattre des baleines au harpon. Ainsi, en 2017, 177 baleines ont été abattues pour “recherche scientifique”.

C’est d’ailleurs confirmé lorsque l’ONG Sea Shepherd (organisation de défense de l’océan la plus combative au monde), sort publiquement des images choquantes où l’on peut apercevoir des baleiniers japonais en pleine action en mer Australe. D’abord interdite de publication par le Ministère Australien de la protection des Frontières sous prétexte de porter atteinte aux relations internationales, le Commissaire à l’information impose ensuite la diffusion de la vidéo. Ces images permettent donc au monde de réaliser le poids de la puissance maritime des baleiniers japonais.

Ce qui reste cependant étonnant est, qu’en 2012, 88 % des Japonais n’auraient pas acheté de viande de baleine dans les 12 mois écoulés. En 2015, la consommation de viande de baleine s’élevait pourtant à environ 5 000 tonnes par an soit moins de 40 g par habitant par an. Alors pourquoi continuent-ils à pratiquer la chasse ?

Il serait pour ce peuple une manière de pouvoir revendiquer leur fierté nationale et de ne pas se soumettre à la ligne de conduite des occidentaux. La baleine devient l’emblème d’un nationalisme et interdire sa chasse serait pour eux, considérer comme une “attaque culturelle”. Ainsi, chaque année, la capitale du Japon Tokyo accueille un festival gastronomique exclusivement à partir de viande de baleine. Le pays compte alors sur le tourisme pour faire comprendre aux étrangers ce qu’ils pensent de la consommation de ce mammifère marin : un animal sacré par les dieux dont la mission est de nourrir leur peuple.

Bien entendu, l’ONG Sea Shepherd ainsi que d’autres militants en faveur des droits des animaux, ne l’entendent pas de la même oreille et tentent tant bien que mal de continuer à lutter contre cette pratique. Cependant, en août dernier, la célèbre ONG, renonce à la poursuite des baleiniers japonais pendant un an : ” Nous avons découvert que le Japon a recourt désormais à une surveillance militaire pour suivre en temps réel par satellite les mouvements des bateaux de Sea Shepherd. S’ils savent où nos navire se trouvent à tout moment, ils peuvent facilement nous éviter” explique Paul Watson le fondateur de Sea Shepherd .

Ce secteur baleinier, soutenu par une superpuissance économique mondiale, devient de plus en plus difficile à combattre, et actuellement la question qui se pose chez les militants est la suivante : quelle stratégie faut-il adopter afin de mettre un terme aux activités de chasse illégale de la flotte baleinière ? Et comment arriver enfin, à faire respecter aux pays membre les engagements qu’ils ont accepté de signer il y a 32 ans ? Même si le Japon reste le plus gros chasseur de baleine, d’autres ont rejoint cette tendance, comme la Norvège ou encore l’Islande qui ont depuis 1993 et 2006 relancé cette pratique, à but commercial.

“Les efforts sans relâche de Sea Shepherd pour poursuivre et faire cesser les baleiniers non seulement japonais, mais aussi norvégiens, danois et islandais continueront. C’est ce que nous faisons depuis quarante ans. Nous n’abandonnerons jamais, pas avant que l’abominable chasse à la baleine soit abolie pour tous, partout, peu importe la raison avancée” (Paul Watson).

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