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La fin de la discrimination salariale pour les surfeuses ?

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La fin de la discrimination salariale pour les surfeuses ?

Les écarts de salaires entre les hommes et les femmes dans le milieu du surf sont de plus en plus importants. Le Ballito Prize Junior en est l’exemple parfait.
Décryptage d’un phénomène qui dure depuis de nombreuses années.

4 000 dollars. C’est le montant de différence qui a été observé en avril dernier lors du Ballito Prize Junior (contest de surf organisé tous les ans) présenté par Billabong en Amérique du Sud entre les deux surfeurs : l’indonésien Rio Waida et la Sud africaine Zoe Steyn. 

C’est suite à ce cliché posté sur les réseaux sociaux par les deux champions que de nombreux débats ont été lancé. En effet, les deux surfeurs n’ont pas été récompensés de la même somme alors qu’ils ont remporté la même compétition. Cette polémique a permis au monde du surf de s’interroger publiquement sur le manque de considération à l’égard des surfeuses au sein du haut niveau mondial.

Lors du Las Americas Pro Tenerif (événement sponsorisé par la World Surf League)  qui se déroulait en février, une importante différence des gains avaient déjà été observés entre le basque Ruben Vitoria et l’Australienne Mikaela Greene. Elle avait confié aux journalistes :  «  Les frais de déplacement des hommes et des femmes sont identiques et sont durs à financer. Je pense qu’il serait la moindre des choses d’être récompensées de la même manière qu’eux »

Après ces multiples accusations, la World Surf League (WSL) a tenté de se défendre en justifiant le gain des champions par un simple rapport entre le coût de la compétition et son nombre de participants. Préférant éviter que la polémique perdure et devant les accusations de la presse internationale la WSL a préféré passer sous silence les gains distribués aux vainqueurs. 

 Selon un classement publié par le Business Review Weekly des sportifs les mieux payés en 2015, il apparaît que les surfeuses bien que certaines gagnent correctement leur vie (Stephanie Gilmore avec 1,2M€) sont toujours moins bien payées que leurs homologues masculins. A titre de comparaison, le numéro un mondial chez les hommes gagne dix fois plus.

Toute ces  controverses ont donc abouti au lancement d’un mouvement chez les surfeurs et surfeuses du monde entier intitulé «  equal by nature , catch this wave » . Le hashtag #CatchThisWave sur Twitter a même été utilisé plus de 177 000 fois. Ce mouvement accompagne ainsi une évolution historique puisque le 6 septembre dernier, Sophie Goldschmidt, la nouvelle PDG de la WSL, annonce l’institution d’égalité des primes de résultats entre les hommes et les femmes, et ce, à partir de 2019. : “Cette décision est simplement la bonne décision à prendre […] nous voulons être en première ligne pour pousser à l’égalité dans tous les domaines de la vie.»

Cette nouvelle règle est saluée par de nombreux champions mondiaux tels que l’Américaine Bethany Hamilton, la française Johanne Defay ou bien encore Kelly Slater surnommé le King, qui déclare : “Les surfeuses du circuit mondial méritent cette réforme, je suis si fier que le surf ait choisi de donner l’exemple dans le sport pour l’égalité et la justice”.

Le surf pourrait donc être le pionnier de l’égalité de salaires entre les femmes et les hommes et ainsi donné un formidable exemple aux autres fédérations sportives. Cet événement symbolise un grand pas en avant pour les femmes du monde entier qui se battent chaque jour contre la discrimination en terme de salaire et le plafond de verre (certaines minorités ne peuvent pas accéder à des fonctions hiérarchiques). Ces éléments restent néanmoins discutables dans ce milieu : un tiers du revenu des surfeuses de haut niveau provient de leurs gains de compétition, le reste émanent de leurs sponsors et des marques avec lesquelles elles collaborent. 

Au-delà des discriminations salariales, le monde du surf est aussi gangrené par les dictats de la beauté en effet une femme doit remplir un certain nombre de critères physiques pour pouvoir exister aux yeux des sponsors. 

 

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