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La journée mondiale de l’excision, qu’en est-il de cette pratique?

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La journée mondiale de l’excision, qu’en est-il de cette pratique?

Le 6 février dernier, c’était la journée mondiale de l’excision. 15 ans après sa création, le combat contre cette pratique reste essentiel.

Selon les estimations de l’OMS, c’est environs trois millions de fillettes excisées chaque année.
Cette pratique terriblement douloureuse et cruelle est donc encore très pratiquée dans le monde, ce qui montre que le combat contre l’excision est loin d’être fini.

Rappel des chiffres

Dans le monde entre 100 et 200 millions de femmes, vivent avec les conséquences de mutilations sexuelles féminines (MSF). C’est principalement en Afrique, que se déroule cette pratique avec 91,5 millions de femmes et de filles âgées de plus de 9 ans, qui ont été victimes de l’excision. Cependant, des jeunes filles et femmes françaises n’en sont pas pour autant épargnées.

En France, sont comptabilisées 60 000 filles et femmes vivant en situation de MSF. On estime que trois fillettes et adolescentes sur dix, dont les mères ont elles-mêmes été mutilées, sont exposées au risque d’excision lorsqu’elles partent en vacances dans le pays d’origine de leur famille.
Ainsi, pour Diaryatou Bah, la nouvelle présidente d’ “Excision parlons-en !”, ce double slogan “Prévenir et protéger” est vraiment devenu la priorité. “Les adolescentes partent en vacances et elles se font excisées. Ça se fait aussi bien avec les parents que sans les parents ! C’est pour cela qu’il faut fédérer le maximum de personnes, ici et là-bas”.

Par ailleurs, selon une enquête publiée par la revue British Medical Global Health en novembre 2018, et menée à partir des données de l’Unicef, le nombre des mutilations sexuelles serait en baisse en Afrique, particulièrement chez les enfants de moins de 14 ans. Si en Afrique de l’Est, les chiffres sont encourageants, (-7,3% par an entre 1995 et 2014), ces progrès semblent plus lents en Afrique du Nord (-4,4% par an entre 1990 et 2015) et en Afrique de l’Ouest (-3% par an entre 1996 et 2017).

Qu’est-ce qu’est l’excision ?

L’excision est un viol des droits fondamentaux des femmes et fait partie des mutilations génitales féminines. Ces mutilations consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme, précisément en pratiquant l’ablation du capuchon clitoridien voire du clitoris en entier, pour des raisons non médicales dans le but de diminuer ou faire disparaître tout plaisir féminin.

Elles sont le reflet d’une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes et des filles. Ces pratiques violent également leurs droits à la santé sexuelle et reproductive, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être à l’abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.

Les mutilations génitales des femmes et des filles sont principalement pratiquées dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du sud, où les données sont disponibles, mais restent une procédure courante même dans certains pays asiatiques tels que l’Inde, l’Indonésie, l’Iraq et le Pakistan, ainsi que parmi certaines communautés autochtones d’Amérique latine, comme celle d’Embera en Colombie. Elle persiste également parmi les populations de migrants vivant en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Quelles actions de la part de la France ?

Depuis 2012 et le lancement de l’initiative du G8 en faveur de la santé maternelle et infantile, la France appuie par exemple, à travers le fonds français « Muskoka », la prévention et la prise en charge des femmes victimes de violences basées sur le genre.
La France agit également en finançant des actions de sensibilisation, comme par exemple la série télévisée « C’est-la-Vie » cofinancée par la France depuis 2012 et diffusée sur 44 chaînes nationales africaines. L’égalité entre les femmes et les hommes étant la grande cause du quinquennat, la France s’engage également aux Nations unies pour lutter contre les mutilations génitales féminines et soutient les acteurs de la santé maternelle et infantile sur le terrain, au travers notamment de l’Agence française de développement (AFD).

Et ailleurs… 

En Guinée, pays fortement touché par cette pratique, avec un pourcentage de 97% de filles excisées, Finda Iffono et Fara Djiba Kamano, responsables du projet Sauvons les filles de l’excision, lutte pour l’abolition de cette pratique. Afin de lutter contre les fausses croyances de l’excision et sur ses risques mortels, ce projet a pu mettre en place des cérémonies alternatives de passages de l’enfance à l’âge adulte, des dialogues entre les différentes générations au sein d’une même famille, des échanges entre filles non-excisées et excisées. Ont été mis en place également deux centre de réception de plaintes sur l’excision et une centaine de sages-femmes ont été formées au risque de cette pratique.

Aux Etats-Unis, une exposition intitulée « 68 millions de filles en danger » organisée au Siège des Nations Unies à New York par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), célèbre les succès remportés au cours des dernières décennies dans la lutte mondiale pour l’abandon des mutilation génitales féminines. Son objectif est de sensibiliser et d’encourager les actions contre les mutilations génitales féminines. Cette exposition est présentée du 6 février au 25 mars 2019.

Malgré les efforts à travers de nombreux pays pour mettre fin à cette pratique, les victimes de l’excision se comptabilisent encore par centaine de millier. La lutte contre la mutilation génitale féminine demeure donc indispensable.

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