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La promesse de l’Aube : un film à raisonnance universelle

Cinéma

La promesse de l’Aube : un film à raisonnance universelle

Le temps est froid, le ciel est blanc. Mettre le bout de l’orteil dehors relève parfois d’un mental d’acier. Mais pourtant en ce mois de janvier/février, il y a certaines choses qui valent le coup de sortir de chez soi. En effet, il y a quelques jours, j’ai été surprise de découvrir un film français qui m’a vraiment étonnée. Je suis allée le voir avec mon esprit et mes problèmes de « petite » fille de 19 ans, et suis sortie de la salle de cinéma avec une toute autre opinion de la vie. La promesse de l’aube est une gifle, un seau d’eau froide sur la figure, un tournant positif et enrichissant pour toute personne le visionnant.

L’histoire de ce film reprend le roman autobiographique de Romain Gary, qui nous parle de sa vie depuis son enfance. Il maintient un lien constant avec la relation qu’il a avec sa mère dans sa narration. En effet, elle a eu un rôle immense dans ses choix et dans sa croissance, le poussant toujours à faire mieux, à « devenir quelqu’un », à repousser ses limites allant jusqu’à une ambition presque utopiste et insensée.

« J’étais résolu à devenir tout ce qu’elle attendait de moi ».

 

Ce film est l’histoire d’une aliénation, d’une vie fondée sur un seul principe : rendre sa mère fière et satisfaire tous ses désirs. L’auteur a à la fois une haine incommensurable et un amour indestructible pour sa mère.

« Sans doute n’est-il pas permis d’aimer un seul être à ce point, fut-il votre mère »

Romain Gary a en effet eu une vie très mouvementée et assez hors du commun. Son histoire va se dérouler dans plusieurs pays, pendant des époques très différentes, recouvrant presque entièrement le XXe siècle. Le point de vue historique suffit à donner un aspect enrichissant au film.

Mais nous sommes également face à deux grands acteurs, Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg. Je n’ai pas été surprise par Pierre Niney car il est reconnu comme étant un très bon acteur, néanmoins l’actrice, que je voyais jouer pour la première fois, m’a fait tomber des nues. La force et l’intensité de son jeu m’ont ébahie. D’un point de vue technique, son rôle était très compliqué. Elle a dû apprendre à parler Russe et à garder un accent tout au long du film. Elle doit également jouer un personnage sur à peu près 30 ans de sa vie, ce qui est également une performance. Cela faisait vraiment longtemps qu’une actrice ne m’avait émue à ce point. Pas uniquement par la qualité de son jeu mais par ce qu’elle apporte au rôle, autant en tant qu’actrice qu’en tant que personne. Son personnage est vrai, autant dans ses défauts que dans ses qualités, et la sensibilité de l’actrice le rend vivant.

Nous sommes face à une relation tellement puissante et évidente qu’elle nous fait relativiser sur nos problèmes quotidiens, nos relations alambiquées et nos remises en question constantes. Peut-être qu’au final, l’amour d’une mère est l’essence de tout et ce lien que nous entretenons est l’émotion la plus forte que nous puissions retrouver tout au long de notre existence. Bien qu’il puisse être étouffant et agaçant, l’amour maternel est peut-être le plus beau des cadeaux que la vie pourrait nous faire. Ce film résonne en chacun de nous de façon universelle en laissant un écho de vérité dans nos cœurs.

Les images sont esthétiquement et métaphoriquement belles, les musiques magnifiques, et la prestation des acteurs est un régal ( pas forcément pour les yeux même s’il s’agit de PIERRE NINEY ). Le film peut paraitre long pour certains mais l’histoire est suffisamment captivante pour que ce ne soit pas le cas. D’autres éléments m’ont surpris, étant un peu improbables, ou peu expliquées. La trame narrative les laissait inachevés. Sans dévoiler des éléments du film, certaines choses m’ont parue aberrantes.

Malgré ces deux petits bémols, c’est un très bon film que je recommande vraiment. Autant pour la relation mère/fils que pour le thème de la place de la femme dans la société. Ce film, je le pense, se doit d’être vu au moins une fois. Que ce soit tout simplement pour se nourrir de quelque chose de beau ou remettre en question les petits tracas de l’existence.

 

Publié dans Apostrophe, le site internet de l’UCLy (Université Catholique de Lyon)

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