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Le gilet jaune: un symbole de protestation

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Le gilet jaune: un symbole de protestation

Depuis le 17 novembre, à l’échelle nationale, le mouvement des gilets jaunes proteste contre l’augmentation de la taxe carbone mais aussi contre d’autres mesures du gouvernement. Ce dernier a dû reculer face à l’ampleur et à la virulence des rassemblements. Dépourvue de leader, cette rébellion nationale ne désenfle pas, l’ « Acte IV » prévoit une nouvelle mobilisation le 8 décembre.

Dans un brouillard de gaz lacrymogène et au milieu de voitures en flammes, les gilets jaunes et les forces de l’ordre s’affrontent. La France paraît être en guerre civile. Depuis le 17 novembre, une partie des Français ont revêtu leur gilet jaune pour protester contre la hausse de la taxe carbone, instaurée en 2014, qui renchérit le coût du carburant. Très vite cette taxe ne représente plus que le point de départ d’une longue liste de revendications : revalorisation du SMIC net, le retour de l’ISF (l’impôt sur la fortune), la fin du RSI, etc.

Une rébellion aux allures d’une guerre civile

La mobilisation du 1er décembre a laissé des traces pérennes sur l’ensemble du territoire. La préfecture de Puy-en-Velay, en Auvergne-Rhône-Alpes a été incendiée. À Paris, le musée de l’Arc de Triomphe a été saccagé et des boutiques, banques, ou encore supermarchés ont été brûlés et pillés. À Toulouse, dès la nuit tombée, le mobilier urbain et les vitrines ont été pris pour cible. Résultats, 57 personnes ont été blessées dont 48 policiers. À Pau les forces de l’ordre n’ont pas hésité à rejoindre les gilets jaunes. Ce jour-là, les policiers ont projeté 136 000 litres d’eau et ont utilisé 9 861 grenades de toutes sortes, dont des grenades GLI-F4, à la fois lacrymogènes et assourdissantes, qui avaient été remisées ces dernières années car jugées trop dangereuses. Face à l’ampleur inédite de ce mouvement, le gouvernement a dû reculer.

Le gouvernement tente d’endiguer la crise

5, c’est le nombre de jours qu’il aura fallu au gouvernement, après les violences du 1er décembre, pour annuler l’ensemble des mesures : la hausse de la taxe carbone, des tarifs du gaz et de l’électricité, mais aussi le durcissement du contrôle technique. Elles devaient prendre effet le 1er janvier prochain. Selon le Premier ministre, Edouard Philippe : «Aucun texte ne mérite de mettre en danger l’unité de la nation». Avant cette annonce, ce dernier avait décidé d’ouvrir les portes de Matignon à ceux qui souhaitaient le rencontrer. L’Etat estime que ce n’est pas le problème d’un gouvernement, mais de la classe politique. Edouard Philippe a notamment reçu l’ensemble des formations politiques : Olivier Faure, président du groupe socialiste, Marine Le Pen, présidente de Rassemblement national, mais aussi Benoît Hamon, président de Génération.s. C’était aussi une main tendue aux gilets jaunes, mais aucune délégation n’est venue à Matignon pour des raisons de sécurité. Les gilets jaunes qui ont tenté de représenter le mouvement ont reçu des menaces par d’autres membres.

Un mouvement dépourvu de leader mais qui unifie

Eric Drouet, un chauffeur routier de 33 ans, est à l’origine de la page Facebook qui a appelé au blocage national du 17 novembre. Il a été l’un des leaders de la mobilisation, rejetés tour à tour par des menaces. Le mouvement des gilets jaunes n’est pas structuré et ne parle pas d’une seule voix. Il puise sa force d’ Internet et des réseaux sociaux. En effet Priscillia Ludosky, gérante d’une boutique en ligne, a lancé une pétition sur Change.org pour demander une baisse des prix des carburants et près d’un million de personnes l’ont signée. Les syndicats, quant à eux, sont en retrait de cette fédération sociale. Le 1er décembre la CGT avait appelé tous les citoyens, les salariés actifs et retraités à se mobiliser en soutien aux chômeurs et aux travailleurs précaires. Une main tendue aux protestataires. Las ! Pour autant ces derniers sont rejoints par les lycéens, qui protestent contre la réforme du baccalauréat, Parcoursup et le service national obligatoire. Pour rappel le 3 décembre, 188 lycées en France ont été bloqués ou perturbés, dont 40 à Toulouse. De plus se joignent à eux les ambulanciers pour réclamer de leur côté la suspension d’une réforme visant le financement des transports sanitaires.

Le gilet jaune, comme symbole de protestation, est aujourd’hui repris à travers le monde, en Serbie, Allemagne, Belgique, Irak, Bulgarie…

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