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Le tourisme de masse : les limites de la mondialisation

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Le tourisme de masse : les limites de la mondialisation

Situé en Asie du Sud Est ,entre l’île de Java et de Lombok, Bali ou “l’île des Dieux” fait partie des îles de la Sonde (archipel d’Insulinde). Sa relation avec le tourisme remonte aux années 1970 lorsque Soeharto, à l’époque Président, met l’accent sur le développement économique de l’ensemble de l’Indonésie. C’est sa sœur Tutut Suharto qui prendra en charge l’ensemble des réseaux de télécommunications ainsi que l’hôtellerie de luxe : le tourisme Balinais ainsi né. Le tourisme représente désormais pour l’île 42% des richesses crées. En effet, son attractivité est telle qu’elle attire chaque année plus de 3 millions de touristes venus principalement d’Australie, de Chine et du Japon. Les Français restent dans le top 10 avec un peu plus de 165 000 arrivées enregistrées depuis 2016.

On parle d’une vraie “Bali mania”, surfer les vagues d’Ulutawu est devenu un mythe pour les surfeurs expérimentés de même que le sont les séances de yoga matinales au pied du mont Batur. Bien sûr, l’île offre de nombreuses autres activités qui savent répondre à toutes les attentes : vacances sportives, farniente ou culturelles, Bali a su conquérir le cœur des touristes. On pourrait penser qu’un séjour sur cette île paradisiaque n’est réservée qu’aux personnes les plus aisées et bien, c’est faux. En effet, Bali fait partie des destinations idéales pour budget serré, car à côté des hôtels cinq étoiles et des restaurants luxueux, il est possible de trouver de petites “guest houses” accueillantes pour seulement 4,50€ la nuit. De la même manière un repas dans un warung (petit commerce familial) coûte entre 2 et 4€. Que demander de plus ?

Et bien paradoxalement ce que les touristes demandent plus à Bali, c’est justement moins de touristes ! En effet, en se baladant à Ubud et Kuta, il est même probable de croiser plus d’étrangers que d’Indonésiens. Il est impossible de circuler dans les grands lieux cultes de l’île comme la forêt des singes, les temples et les rizières sans tomber sur des touristes tentant désespérément de prendre une photo correcte avec le légendaire “selfie stick” pour ensuite s’empresser de la poster sur les réseaux. Le #bali a été utilisé environ 47 millions de fois sur Instagram. On peut aussi noter en conséquence de ce tourisme de masse : un trafic autoroutier très dense, des plages bondées, une culture occidentale qui prend le dessus sur la tradition Balinaise, et surtout un grave problème de pollution au plastique.

L’île est devenue depuis quelques années une véritable décharge publique où les déchets s’accumulent non seulement sur terre mais, aussi dans l’océan. Un plongeur britannique après avoir filmé ce désastre écologique sous-marin s’était exprimé : “Oh, et du plastique. Des sacs plastique, des bouteilles en plastique, des gobelets en plastique, des plaques en plastique, des seaux en plastique, des sachets plastique, des pailles en plastique, des paniers en plastique, des sacs plastique, encore plus de sacs plastique, du plastique, du plastique, tant de plastique !”

Bali serait alors au bord de l’engorgement humain et routier. Certains penseraient même que l’île si elle continue dans cette dynamique serait à terme méconnaissable, comme l’a évoqué Bruno Philip dans un article dans le Monde en 2012. Alors pourquoi aucune action n’a été mise en place pour prévenir ces fragilités ? Une loi de protection environnementale a déjà été pensée par les autorités, demandant une distance d’au moins 150 m entre les différents “resorts” , et une distance supérieure à 5km des temples hindous. En dépit de l’entrée en vigueur de la dite loi, aucunes améliorations n’a pu être constaté, et ce, à cause de préfets élus (les “bupati”). Ces derniers considèrent que l’argent et le profit sont des priorités ce qui expliquent l’importance accordée au tourisme et le peu de considération pour des problèmes écologiques, car l’entretien des plages et des rues nécessitent des coûts importants que le gouvernement préfèrent mettre à profit pour la construction d’infrastructures touristiques (environ 700 hectares de terrain sont convertis chaque année en hôtels et résidences de luxe).

Heureusement, certains groupes de pression parviennent à entreprendre des actions pour stopper ou du moins limiter les dégâts causés : des collectes de déchets sont organisées par des associations comme 4Ocean ou Earthbottles. Des sacs en manioc commercialisés sur l’île semblaient également représentés une alternative intéressante au plastique, cependant leurs prix restent conséquents…

Le gouvernement balinais doit alors mettre en place de nouvelles idées pour tenter de lutter contre ces dégâts écologiques mettant en danger d’une part la biodiversité de l’île mais également leur économie puisque la fréquentation touristique est menacée à cause de ces problèmes environnementaux. En effet, de nombreux touristes avouent avoir été choqués et dégoûtés par ces montagnes de détritus sur des plages comme celles de Kuta, et n’hésitent pas à partager leurs avis sur les réseaux influençant les touristes potentiels de manière négative. Bali est donc en “état d’urgence de la pollution plastique” et pour éviter que l’île ne devienne un “lost paradise” des changements importants doivent avoir lieu.


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