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Les élections législatives s’installent dans le paysage portugais

Panneau électoral du parti centre-droit des sociaux-démocrates (PSD) à Lisbonne

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Les élections législatives s’installent dans le paysage portugais

Si vous vous êtes récemment rendus au Portugal, vous avez certainement rencontré des “outdoors” comme celui-ci. En effet, depuis quelques semaines les différents partis politiques sont en campagne en vue des élections législatives. A cette occasion, L’Essaim vous emmène à la découverte du système politique portugais.

Ce dimanche 6 octobre, les Portugais élisent leurs parlementaires. Si ces élections législatives sont si importantes et médiatisées, c’est que, d’une part, le Portugal contrairement à la France est doté d’un parlement monocaméral et que, d’autre part, ces élections ont une influence considérable sur le choix du premier ministre portugais.

Un parlement monocaméral et proportionnel

Si le Parlement français est constitué deux chambres, l’Assemblée nationale et le Sénat, le Portugal se dote, lui, d’un parlement monocaméral, c’est-à-dire d’une seule Chambre qui est l’Assemblée de la République du Portugal. Composée de 230 députés pour un mandat de quatre ans, l’Assemblée de la République est doté d’une autre particularité; les députés sont élus selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal à listes bloquées. Bien que le nom paraisse compliqué, ce système est en fait assez simple. Chaque parti présente une liste aux électeurs puis, à la suite du vote, les sièges du Parlement sont attribués proportionnellement à chaque parti en fonction du nombre de voix recueillies. Les candidats sont, en suivant, choisis dans leur ordre d’apparition sur leur liste respective. Chaque parti cherche donc la majorité absolue lors de ces élections législatives afin de s’opposer au pouvoir exécutif ou de le confirmer puisque l’Assemblée de la République a le pouvoir de dissoudre le gouvernement en place grâce à une motion de censure. En effet, cette dernière doit être adoptée par la majorité absolue du Parlement et elle a pour but de montrer la défiance de celui-ci envers le gouvernement en le forçant à démissionner. Ce fut le cas, en 2015, avec gouvernement de Pedro Passos Coelho qui suite à un accord entre la gauche de l’actuel Premier ministre Antonio Costa et la gauche radicale, s’est vu contraint de céder sa place.

Une élection indirecte du Premier ministre

Depuis la Révolution des oeillets qui a mis fin au régime dictatorial en 1974, le Portugal est à l’instar de la France, un régime semi-présidentiel. Cela revient à dire que le pouvoir exécutif est détenu par le Président de la République et le Premier ministre. Cependant, à l’inverse de la France, le Président de la République portugais n’intervient pas directement sur les décisions du gouvernement. Il existe une autonomie fonctionnelle du gouvernement. Il ne revient donc pas au Président d’en être le chef, un membre, ou même de proposer des alternatives concrètes aux politiques suivies mais au Premier ministre qui a donc un rôle majeur dans la politique générale menée dans le pays. Toutefois, le Premier ministre est nommé par le président de la République, après consultation des partis représentés à l’Assemblée de la République. Bien que ce ne soit pas une obligation, traditionnellement, le chef de l’État désigne la tête de liste du parti majoritaire à la suite des élections législatives, d’où l’importance du résultats de ces élections.

Les socialistes favoris

Selon les sondages actuels, le parti socialiste (PS) du Premier ministre sortant devrait remporter ces élections législatives mais sans majorité absolue. Selon les enquêtes d’opinions publiées vendredi 4 octobre, les socialistes d’Antonio Costa obtiendraient entre 36,5 et 38,8% des voix. Le parti de centre droit (PSD) de l’ancien maire de la ville de Porto, Rui Rio, qui constitue la principale force d’opposition, est loin derrière avec des scores entre 25,5% et 26,8%. Le parti animalier (PAN), jusqu’à maintenant peu présent, pourrait donc jouer un rôle de choix en s’alliant au parti d’Antonio Costa afin de lui garantir la majorité absolue et de lui permettre de gouverner. A ce propos, le PAN a déclaré être prêt à soutenir un gouvernement socialiste s’il s’engageait à soutenir certaines de ses propositions environnementales.

Alors quelle sera la constituion de la nouvelle Assemblée de la République du Portugal? Les Portugais auront-il un nouveau Premier ministre? La réponse ce dimanche 6 octobre, à partir de 20 heures.

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