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Rencontre avec… Daniel Bilalian

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Rencontre avec… Daniel Bilalian

Parrain de promotion des L3 Communication Européenne de l’Institut Catholique de Toulouse, Daniel Bilalian nous a accordé une interview exclusive près de deux ans après son départ de France Télévisions. Avec nous, il aborde tous les sujets, passés comme présents…. sans langue de bois

Vous êtes parrain de la promotion des L3 licence de communication européenne à l’Institut Catholique de Toulouse, pourquoi c’est important pour vous ?

Je suis fier que l’on m’ait demandé d’être parrain de promotion des L3 Communication Européenne de l’ICT. D’autant que je n’ai pas fait d’études comme la plupart des journalistes aujourd’hui et j’ai appris sur le tard. Je suis heureux d’être présent auprès de ces étudiants qui souhaitent devenir journalistes.

Cela fait depuis 2016 que vous avez quitté France TV Sport, que devenez vous depuis ?

J’ai travaillé sur France info TV  jusqu’à la fin de l’année 2017 et depuis, je fais du coaching d’entreprise et  travaille également à une émission qui s’appelle “Point de vue” sur le site télévisé du Figaro et auquel je participe à des débats avec des personnalités.

Durant votre longue et riche carrière, vous avez dû connaître des grands moments de sport, quel est le plus marquant ?

Je n’ai pas vécu de moments particuliers. Les Jeux olympiques sont des très grands moments par exemple, les jeux Olympiques à Pékin en 2008. Si je dois retenir un moment en mémoire, je dirai qu’il s’agit d’un match du tournoi des 6 Nations de rugby à Twickenham. Le moment des hymnes nationaux est un moment particulièrement fort. Les Anglais sont des sportifs accomplis qui vivent pour et par le sport. C’est un pays de tradition et on a vraiment l’impression de vivre en dehors des siècles. Les Français sont différents et sont ce que j’aime bien appeler, des sportifs ” Marseillaise”. S’il y a la Marseillaise au bout cela les intéresse, sinon ils passent leur chemin.

Quel est votre pire souvenir d’antenne ?

Le pire souvenir, c’était septembre 2001, l’attaque du World Trade Center . J’étais descendu à l’antenne pour commenter le premier attentat et puis d’un seul coup, nous avons entendu un bruit sourd et vu l’avion s’écraser sur la deuxième tour. C’est un moment terrible !

Comment on gère à ce moment-là entre le côté professionnel et le côté humain ?

Je me suis dit ” Oh mon dieu”. Certains me l’ont reproché en me disant que je ne devais pas exposer mes idées à l’antenne. Mais c’est plus une expression populaire que religieuse. Le problème dans le journalisme, c’est que beaucoup pensent que vous êtes uniquement spectateur.Mais ce n’est pas le cas, j’ai fait différents conflits armés et les soldats ne vont pas s’arrêter de tirer pour vous laisser passer.

Il est aussi important de différencier les faits et l’émotion. Aujourd’hui, l’émotion prévaut sur les faits. Par exemple, les images concernant les migrations de population sont très dures mais sont-elles suffisantes pour juger le problème ? On ne peut donc pas juger sur l’émotion mais, bien sûr des faits réels.

Le journalisme est une profession en pleine mutation, comment vous voyez évoluer le journalisme et plus particulièrement le journalisme de sport ?

Je vois plutôt une menace se poser. Le sport commence à être dans les mains de chefs d’entreprise et leur objectif est de faire fructifier leur argent. C’est une situation bien différente que lorsque les clubs étaient soutenus par les villes.

Depuis qu’il est professionnel, le rugby est devenu un sport très violent et certains sports risquent de l’imiter. Dans le football, les clubs qui possèdent beaucoup d’argent dominent les autres et c’est le cas du Paris Saint-Germain. On peut aisément sacrer le PSG champion de France le 1er septembre, cela permettrait de gagner du temps… Ensuite le club ferrait des galas en province. Il y a aussi la corruption notamment dans le tennis avec des paris émanant du sud-est asiatique. Dans cette région du monde, il y a beaucoup de paris et de triche. Le blanchiment d’argent est aussi une menace pour le sport avec des gens peu honnêtes venus des pays de l’Est qui voient, dans le sport, un moyen de blanchir l’argent sans risque. Avant, le blanchiment d’argent se faisait par des métiers ou des actions risquées. Aujourd’hui, vous blanchissez votre argent à travers un club de football, vous risquez un jour de boire le champagne à côté du président de la République donc c’est quand même moins dangereux.

Si vous aviez un conseil à donner à des étudiants qui aimeraient se lancer dans le journalisme ou qui serait en école de journalisme, ce serait lequel ?

Journaliste n’est pas un métier, c’est une passion. Pour être un bon journaliste, il faut avoir un ego surdimensionné. Pourquoi se mettre sur le trottoir où cela bombarde plutôt que sur celui où cela ne bombarde pas ? Mais il faut aussi avoir une grande humilité. Si vous arrivez à allier les deux, vous allez devenir un bon journaliste.

Propos recueillis par Timothé Rouvière et Paul Nieto

 

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