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Rencontre avec Lucie Faucon, jeune artisane et fondatrice de sa marque

© Lucie Faucon

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Rencontre avec Lucie Faucon, jeune artisane et fondatrice de sa marque

À peine sortie des études, Lucie Faucon, 23 ans, a lancé sa marque de céramique. Véritable passionnée, elle nous révèle les dessous de l’auto-entreprenariat et la réalité de l’artisan.

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? 

Je m’appelle Lucie Faucon, j’ai 23 ans ce vendredi et je suis céramiste de formation. Je travaille la terre, principalement le grès, pour produire de la vaisselle et des objets du quotidien. Je fabrique mes pièces une par une, à la main, grâce aux différentes techniques de modelage. 

Lucie Faucon et son art.
Source : site web.

Comment avez-vous commencé la poterie ? Avez-vous des diplômes ? 

À 14 ans, je savais que je voulais continuer mon parcours scolaire dans la création. J’ai donc étudié pendant trois ans le design, l’histoire de l’art, ainsi que les métiers de l’art et de l’artisanat.

Je n’étais pas assez mature pour me lancer directement dans l’artisanat, j’ai donc fait un BTS en design graphique puis j’ai obtenu un diplôme d’état de niveau 3 en céramique.  À partir de là, je me suis lancée : j’ai monté mon entreprise. 

D’où est venu l’idée de lancer votre marque de céramique ? 

On m’a surtout poussé à le faire. Mais, c’était mon rêve d’enfant : pouvoir produire de la vaisselle ou des vases, et plus tard, les voir dans la maison d’autrui.

“Toutes les petites irrégularités des pièces d’une même collection les rendent plus uniques” 

Fabriquez-vous toutes vos pièces vous-même ? 

La best-seller de sa collection : la vénus à oreille.
Source : site web.

Effectivement, je modèle mes pièces une par une à la main, toute seule. Le processus est donc plutôt long. J’apprécie beaucoup qu’il puisse y avoir des petites irrégularités sur les pièces d’une même collection, cela les rend plus uniques et authentiques.

Tout est cuit dans un four spécialisé, une première fois à 980 degrés pendant environ 12h et une seconde fois à 1 280 degrés pendant 10h.

Comment avez-vous fait connaître votre marque ?

Il y a différents moyens : le bouche à oreilles, les réseaux sociaux, les partenariats, les clients… Mes mains sont le moteur principal de mon entreprise mais je pense que la communication est le second.

“Mes premières années ont été étonnamment géniales”

Aujourd’hui travailler à son compte c’est prendre un risque. Comment avez-vous dépassé la peur de l’inconnu et de l’incertain ?

Aujourd’hui, travailler à son compte c’est un risque, c’est vrai, et surtout en tant qu’artisan. Les nomenclatures (méthodes) et les textes changent sans cesse. C’est difficile de s’y retrouver avec toute cette paperasse. Mais derrière tout cela, il faut simplement rester motivé et penser en premier lieu à son travail manuel, dans son atelier.

Quand j’ai commencé, tout était très flou et incertain mais mes premières années ont été étonnamment géniales. La reconnaissance de mes clients est arrivée très vite, grâce à mon travail de communication. 

Qu’est ce qui est le plus dur dans votre métier ? 

C’est un plaisir de travailler seule. Je fabrique ce que je dessine et personne ne me dicte ce que je dois faire. Je pense que c’est une liberté déguisée, car le reste est particulièrement difficile. Cela passe par devoir se justifier vis à vis des prix de l’artisanat, répondre aux clients trop pressés, combattre la société de consommation. C’est assez fatiguant et difficile financièrement. Mais en fin de compte, c’est la vie que j’ai choisi, et je ne la changerai pour rien au monde.

“Pas de travail, pas de salaire”

Le plus difficile, c’est de n’avoir que deux mains et une tête pour tout gérer : la production, la comptabilité, la communication… Si l’on tombe malade, personne ne sera là pour répondre aux commandes des clients à notre place et surtout pour nous payer. Et donc logiquement, en auto-entreprenariat, si nous ne pouvons pas travailler, nous n’avons plus de salaire. 

“Être jeune me permet de manier les réseaux sociaux et l’informatique”

Est-ce que votre âge a été un frein dans le milieu ? Ou au contraire un atout ?

Ce n’est ni un frein ni un atout. Mon âge importe peu mes clients et dans mon travail d’artisan, l’âge ne change rien. En revanche, peut-être que le fait d’être jeune me permet de manier les réseaux sociaux et l’informatique de manière plus aisée.  


Encourageriez-vous les jeunes à se lancer dans des projets comme le vôtre ? Pourquoi ? 

Si vous rêvez de quelque chose, que vous êtes motivé et si vous en avez les capacités, faites-le ! Je ne peux pas dire que c’est facile, c’est moins aisé que d’être salarié bien entendu, mais la motivation est le plus important, donc si vous l’avez, gardez-là, ce sera votre force !

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