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Rencontre avec Solène Verhoeven, auteure d’un second livre de poésie à seulement 19 ans

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Rencontre avec Solène Verhoeven, auteure d’un second livre de poésie à seulement 19 ans

En moins d’un an, Solène, étudiante parisienne, a relevé un défi : publier deux livres. Après “Poetically Yours”, son nouveau recueil de poèmes “Étoiles et toi” est paru ce mois-ci chez les éditions Du Panthéon. Elle nous dévoile les dessous du monde de l’édition et son lourd parcours.

Présentez-vous en quelques mots.  

Je m’appelle Solène Verhoeven, j’ai 19 ans et je viens de Nouvelle Calédonie, mais je suis venue à Paris pour faire mes études. Je suis en première année à la Sorbonne en licence LEMA (Lettres-Editions-Médias-Audio-visuel). J’écris depuis mon plus jeune âge. 


Pourquoi avoir sauté le pas et avoir décidé de faire publier vos poèmes ? 

En réalité, je me suis retrouvée sans réel choix. L’an dernier, j’ai commencé mes études à Montréal. Ça s’est mal passé et c’était une spirale infernale. Comme mon mental se dégradait, j’ai abandonné l’université. Alors je suis retombée en dépression. Je n’avais que ma plume pour survivre. Je passais mes journées à écrire en anglais pour me vider la tête. Sur le long, j’ai eu assez de petits poèmes pour en faire un recueil. De plus, il était nécessaire que je fasse de tout ce noir quelque chose d’un peu plus positif, d’où l’idée de les publier. 

Sauter le pas – publier- peut paraître effrayant car c’est mettre à la lumière de tous ce qu’on a de plus enfoui en soi (et parfois de plus sombre). J’ai longtemps écrit sans ne rien montrer à quiconque mais j’avais besoin de me prouver que j’avais une place en tant qu’auteure. 

“Publier peut paraître effrayant car c’est mettre à la lumière de tous ce qu’on a de plus enfoui en soi, et parfois de plus sombre”

Votre premier livre « Poetically Yours » a été publié chez Just Fiction Edition, une petite maison d’édition étrangère. Comment ça s’est passé ? 

En effet, c’est une petite maison d’édition qui publie et édite gratuitement et très vite (deux semaines pour ma part). Oui, les conditions ne sont pas des plus idéales et les plus professionnelles, mais je me suis lancée sans hésiter (cf : Justfiction Editions est un éditeur international en ligne). J’ai donc directement été jetée dans le gueule du loup en quelque sorte. 

Étant donné la gratuité, les services proposés sont assez « cheap ». J’ai dû dessiner ma propre illustration et il n’y a pas vraiment de correction. Mais je ne regrette pas du tout, c’était une super première expérience dans l’édition. L’équipe était adorable et attentive à mes questions ainsi qu’à mes attentes. 

“Tant qu’il y avait de la tristesse, il y avait des lignes, tant qu’il y avait des larmes, il y avait de l’encre”

Où puisez-vous votre inspiration et comment l’entretenez-vous ? 

Pendant très longtemps, j’ai puisé mon inspiration dans la destruction, dans le mal être, le but étant de me permettre de survivre à travers l’écriture. Tant qu’il y avait de la tristesse, il y avait des lignes, tant qu’il y avait des larmes, il y avait de l’encre. 
Quand j’ai commencé à guérir, je me suis sentie menacée car je n’arrivais plus à écrire. Ensuite, il a suffi d’une personne comme source d’inspiration et depuis je n’en manque jamais : j’ai ma muse. 

“Les constellations et l’océan immuable nous entraînent dans un voyage pailleté d’espoirs et de rêves” (extrait du résumé de Étoiles et toi).

Ce mois-ci, votre deuxième livre est sorti. Il est publié chez Du Panthéon Editions, et référencé chez Hachette. Qu’est-ce qui a changé depuis le premier livre ?

Mon second livre n’a absolument rien à voir avec le premier. En finissant «Poetically Yours», c’était la fin d’une traversée en enfer. En finissant «Étoiles et Toi», j’ai ressenti de la fierté, une satisfaction personnelle qui allait mener à un bel accomplissement. 

Les poèmes en anglais dans «Poetically Yours» sont directement sortis de ma tête, ils ne sont pas travaillés. J’écrivais vite, sans être trop dans la stylistique (étant donné que ce n’est pas ma langue maternelle). 
Alors que pour «Étoiles et Toi», il y a eu un gros travail sur l’esthétique. Certains textes m’ont demandé six à huit heures de travail. J’ai vraiment voulu que ce deuxième livre rende justice à ma plume tout en gardant l’authenticité de mes émotions. 
J’ai beaucoup pris en maturité entre l’écriture des deux livres, j’ai eu de nouvelles expériences, négatives ou positives. C’est en se battant qu’on apprend le mieux, et chaque combat est bon à prendre, qu’on le perde ou non, on en ressort forcément changé. 

Comment se passe une campagne de publicité pour votre livre ? 

Grâce aux réseaux sociaux, notamment Twitter ! Je me suis construit une petite communauté grâce aux textes que je postais régulièrement et aux artistes que je côtoie qui me donnent de la visibilité. 
Chez mon éditeur, une vraie démarche publicitaire est mise en place. Le but est de permettre à l’auteur de pouvoir toucher quelques ventes et de promouvoir son livre (créer une page professionnelle sur différents réseaux sociaux). Je suis assez suivie pour commencer à être “reconnue” pour mon art et c’est très motivant.

“Pouvoir redonner un souffle à la poésie, même à ma petite échelle (…) était une sorte de responsabilité que je me suis donnée toute seule”

Aujourd’hui le marché du roman est beaucoup plus important que celui de la poésie en France. Est-ce que cela vous a fait douter ? 

Ça ne m’a jamais fait douter. Je me suis dit qu’au contraire, j’avais une opportunité d’innover un peu ou de rafraîchir le terrain à ma manière. Pouvoir redonner un souffle à la poésie, même à ma petite échelle m’a d’autant plus poussé à lever mes exigences sur mon écriture. C’était une sorte de responsabilité que je me suis donnée toute seule.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui aimerait publier son livre ?

De se lancer, s’il ou elle se sent prêt(e). Il ne faut pas écrire pour la reconnaissance – bien qu’elle encourage – mais pour faire passer un message. 
Être prêt(e) à être publié(e), c’est être prêt(e) à passer du personnel à l’universel, à laisser autrui donner un autre sens à vos mots. 
Il faut faire abstraction de la peur que cela ne plaise pas. Ce n’est jamais évident de sortir de sa zone de confort mais souvent le faire résulte en de belles et grandes choses. Voir ses mots passer de l’abstrait au réel et avoir son livre entre les mains est un sentiment comme il n’en existe aucun. 

“Publier un livre, c’est comme les tatouages. Quand on en fait un, on ne peut plus s’arrêter”

Des projets à l’avenir ? Un prochain livre ? Une prochaine maison d’édition ?

Beaucoup oui ! Les idées bouillonnent en moi. Je travaille actuellement sur un roman mais c’est encore un début. 
J’ai sorti deux livres en moins d’un an et désormais, j’aimerais publier un livre par an. J’aimerais explorer tous les terrains d’écriture possibles : après la poésie et la prose, je me lance dans le roman, mais aussi dans l’écriture d’un album pour une amie. Pourquoi ne pas m’essayer au théâtre ensuite ? 

Je dis souvent que publier un livre, c’est comme les tatouages. Quand on en fait un, on ne peut plus s’arrêter. Écrire, c’est ma façon de me tatouer, d’avoir une empreinte dans le temps et d’en laisser une de ceux que j’aime en les écrivant.

Couverture du livre “Etoiles et toi”
© @ulouh_shop

Si vous voulez dévorer les écrits de la plume de Solène, vous pouvez commander “Étoiles et toi” en ligne sur la Fnac.

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