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Wonder Wheel, le nouveau film de Woody Allen

Cinéma

Wonder Wheel, le nouveau film de Woody Allen

Embarquez au cœur de l’esthétique des années 1950 avec le nouveau film de Woody Allen, « Wonder Wheel », une tragédie moderne portée par un casting brillant dont l’éblouissante Kate Winslet et le surprenant Justin Timberlake.

Nul besoin d’un grand scénario pour mettre en exergue la complexité de la nature humaine, des relations amoureuses et de la vie en général. Et pour cause, Wonder Wheel c’est d’abord une histoire simple : le film raconte la vie monotone d’une famille qui vit au cœur de la fête foraine de Coney Island, une péninsule située au sud de Brooklyn. Ginny, interprétée par Kate Winslet, y habite avec son mari alcoolique et son fils un brin névrosé. Elle devient la prisonnière de cette vie monotone qu’elle n’a pas choisie, elle qui était vouée à une grande carrière de comédienne. Tout bascule dans leur vie trop tranquille quand Carolina, la fille de son mari, débarque pour trouver refuge chez eux, poursuivie par des gangsters.

On retiendra de Wonder Wheel une esthétique des plus remarquables. La lumière est sublime et vient renforcer l’ambiguïté des sentiments, nous laissant libres d’interpréter les faits en accord avec notre propre sensibilité. Ce film montre peu de choses à travers une histoire presque banale, mais il en suggère beaucoup avec ses métaphores que chacun peut comprendre à travers le filtre de son vécu. Et pour cause, rien n’est laissé au hasard : la grande roue qui est mise en évidence à plusieurs reprises illustre à la perfection la dimension cyclique de notre existence, qui tourne inexorablement au même rythme que le temps qui passe. Les personnages sont prisonniers de leur destin, voués à le subir bien qu’ils essayent de le fuir. Maintenant, vous saisissez aisément pourquoi on s’attache à comparer ce film à une tragédie grecque, revisitée à la façon de Woody Allen.

Le réalisateur présumé innocent, dans la tourmente médiatique suite à des accusations d’agressions sexuelles, souhaite témoigner de l’intérêt qu’il porte pour les histoires de femmes, à travers des drames qui retracent leur destin:

“Qu’on se plonge dans les tragédies grecques, ou qu’on lise Stendhal, Tolstoï ou Dickens, les relations amoureuses sont omniprésentes car elles sont sources d’angoisses et de conflits. Elles font surgir des émotions et des situations, à la fois complexes, profondes, intenses, déroutantes et fortes. Je me suis toujours intéressé aux problèmes des femmes. Au fil des siècles, les hommes ont eu tendance à exprimer moins volontiers leurs souffrances : le mot d’ordre masculin consiste à ne pas avouer qu’on souffre. C’est comme dans le base-ball où, quand un “batteur” est touché par un “lanceur”, il est censé ne pas montrer qu’il a mal. À l’inverse, les femmes se sont toujours senties plus enclines à afficher leurs sentiments. J’ai essentiellement tourné des comédies mais quand j’ai réalisé des drames, je me suis presque toujours – pas toujours, mais presque – attaché à des femmes dans des situations critiques.”

Alors, sommes-nous finalement tous prisonniers de cette «Wonder Wheel » ? Une véritable tragédie moderne signée Woody Allen, actuellement au cinéma.

Sortie le 31 janvier 2018 (France)

Avec : Kate Winslet, James Belushi, Juno Temple, Justin Timberlake

 

 

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